Pour que votre travail porte des fruits.

Le Conseil des États se prononce contre les initiatives agricoles extrêmes.

Ständerat gegen extreme Agrar-Initiativen

Après le Conseil fédéral et le Conseil national, le Conseil des États recommande à son tour de voter NON aux initiatives agricoles extrêmes. En lieu et place, la chambre haute a approuvé une initiative parlementaire qui a pour but de répondre aux préoccupations principales de la population.

"Nous semons la mort"
Le système actuel "n'est pas viable, par quel autre système pouvons-nous le remplacer ?", s'est interrogée Adèle Thorens Goumaz (Verts/VD). Evoquant la Stratégie énergétique 2050, la Vaudoise a appelé de ses voeux un changement de paradigme, une transition vers une agriculture plus durable.
"Nous semons la mort" dans nos campagnes et "nous, humains, l'avalons chaque jour en mangeant et en buvant", a renchéri Céline Vara (Verts/NE), en se disant "très mécontente" du projet approuvé un peu plus tôt par les sénateurs. Avec ce texte, "nous tentons de cohabiter avec des produits hautement toxiques", a-t-elle dénoncé.
Ce qu'on mange dans ce pays, c'est sain, lui a répondu Guy Parmelin. Reconnaissant qu'il y a encore des efforts à faire, le ministre de l'agriculture a souligné que d'"énormes progrès" ont été réalisés ces 20-25 dernières années, même dans des exploitations qui ne sont pas bio.

Impact "dramatique"
Le Conseil fédéral est en accord avec les initiant sur la nécessité d'agir, mais les initiatives vont beaucoup trop loin, a-t-il souligné. Elles pourraient même avoir des effets "dramatiques" pour l'agriculture et la sécurité alimentaire.
Elles pourraient conduire à une diminution de la production agricole et à une hausse des coûts, a-t-il mis en garde. Elles pourraient aussi provoquer des problèmes d'hygiène et une hausse du tourisme d'achat.

En outre, il est à craindre que certaines exploitations ne quittent le système des paiements directs. Elles ne seraient plus obligées de suivre les exigences. Au lieu de diminuer, la charge environnementale risque d'augmenter, tout en respectant les lois en vigueur.

Mesures décidées
"On ne part pas de zéro", a relevé M. Parmelin. Le Conseil fédéral a déjà pris toute une série de mesures qui permettront de réduire de manière efficace et concrète l'impact des pesticides sur l'environnement, sans qu'il n'en résulte d'impact négatif.
A droite, Peter Hegglin (PDC/ZG) a rappelé qu'il n'était pas possible de renoncer tous les produits chimiques. Cela peut avoir des effets négatifs, a-t-il souligné. Il faut faire valoir le principe de précaution, mais aussi garantir la sécurité alimentaire de notre pays, a renchéri Olivier Français (PLR/VD).
Hannes Germann (UDC/SH) a pour sa part dénoncé deux initiatives "extrêmes". Elles menacent la production alimentaire et risquent de l'affaiblir. Dans une situation de crise, la Suisse deviendrait dépendante de l'étranger, a-t-il ajouté.